Le livre papier, cet objet unique

Les amoureux des livres savent que, contrairement aux livres électroniques, chaque livre papier est unique. Voyons ce qui les différencient.

L’édition : souvent en dernière page, vous trouverez la date d’impression, qui vous indique l’ « édition » vous avez :

Dans le cas du broché de la Variante chilienne (sortie août 2015), vous voyez ici les 3 dates :
– première impression : avril 2015.
– avant sa sortie, la mise en place et la demande des libraires est importante : l’éditeur lance une seconde impression en août 2015.
– l’éditeur surveille attentivement les ventes. En septembre, il décide d’anticiper les ventes de Noël et commande un troisième tirage.

L’impression : l’éditeur envoie à l’imprimeur la couleur exacte Pantone qu’il souhaite pour la tranche du livre. Malheureusement, il se peut que des aléas de production ne rendent pas fidèlement les teintes souhaitées. On voit un bon exemple sur les 3 éditions de La fractale des raviolis où les roses ne sont pas exactement les mêmes.

Le texte : les fautes d’orthographes sont la hantise des éditeurs (et des auteurs). Malheureusement, malgré le travail attentif des correcteurs, la première impression en contient toujours. Une fois signalées, l’éditeur va les corriger pour les éditions suivantes. Dans le cas de La variante chilienne, un ignoble « Argentine de Pinochet » (p214) était dans le tirage d’avril 2015. Celui d’août 2015 le corrigeait par « Chili de Pinochet »… mais celui de septembre 2015 reprenait l’erreur ! Pourquoi ? Une simple inattention lors de l’envoi du fichier à l’imprimeur (non, nos amis éditeurs n’utilisent pas SVN ou Github comme les informaticients ;-))
Les « pré-print » ou « service presse ». En fonction du planning des corrections, il est possible que l’éditeur envoie aux distributeurs, médias ou libraires des exemplaires non corrigés. Ce sont des exemplaires différents de la version finale (en général moins cher à imprimer). Cela se voit clairement sur la couverture de La variante chilienne (couverture blanche non texturée avec la mention épreuves non corrigées).

Les exemplaires médiathèques. Les couvertures sont en général plastifiées et ont un code à barre. C’est assez collector quand on arrive à en récupérer un (sans le voler ! 🙂

Les versions poches : elles aussi ont leurs différentes vies. Témoin la collection folio qui a changé vers 2016 leur identité visuelle.

Les dédicaces. C’est la personnalisation ultime de votre roman, possible lors des rencontres avec les auteurs sur les salons ou dans les librairies. Voici la page dédiée à mes plus belles dédicaces.

 

Rencontre avec des lycéens auvergnats

Les élèves de seconde des lycées Albert Londres et Valery Larbaud  (Cusset dans l’Allier) ont travaillé toute l’année sur la Fractale des raviolis. Les enseignants ont organisé un concours de nouvelles de récits enchassés « à la mode Raufast ». Jeudi dernier, je les ai rencontrés et nous avons discuté du métier d’écrivain, du roman et de leurs nouvelles. Voilà une photo des 6 lauréats. Bravo à eux !
Les secondes cuisine/hôtellerie avaient préparé de délicieuses pâtisseries. Je suis reparti avec plein de petits mots, une boite de raviolis « spéciale » et … de jolis souvenirs ! Merci !

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Le vendredi, j’ai rencontré des élèves de seconde du lycée St Thérèse les cordeliers à Montferrand (63). Ils avaient tous préparé des supers carnets de lecture sur « La Variante Chilienne ». Ils ont posé  plein de questions. Merci aux professeurs de français et aux documentalistes pour leur passion et l’excellent travail qu’ils font avec leurs élèves #respect …

Atelier d’écriture

Le week-end dernier, j’ai participé à une expérience extraordinaire : un atelier d’écriture privé (4 personnes uniquement) vraiment spécial.
Nous étions logés dans le mythique hôtel littéraire de La Louisiane dans le 6e arrondissement de Paris (hôtel qui a vu passé Hemingway, St Exupéry, Sartre, Beauvoir, Henry Miller, Tarantino, …) : super ambiance et ondes créatives garanties !

A partir d’un simple pitch de 3 lignes, l’objectif était d’écrire ensemble un synopsis complet de roman. La première heure a été compliquée : les idées fusaient dans toutes les directions. Puis, au détour d’une anecdote, l’idée principale a pris forme…c’était parti, il ne restait plus qu’à dérouler le pelote.
Le résultat est bluffant : plus de 20 pages, chapitrage détaillé et profil psychologique des 7 personnages.
Il ne « reste » plus qu’à rédiger : expérience inédite pour moi de création collective à 8 mains ! … à suivre 🙂

Merci à Alexandra (bricabook), Nancy et Cloud pour cette bouillonante créativité.

Photo (c) Bricabook

Photo (c) Bricabook

Photo (c) Bricabook

[Anecdote d’écriture] La première version de la variante chilienne

Voici la première version du début de « La variante chilienne ». Vous constaterez qu’elle est bien différente de la version publiée (il y a eu une trentaine de versions intermédiaires). Dans ce premier jet, Margaux n’existait pas et c’était Pascal qui préparait les championnats du monde de pac-man.
Avec le recul, il est intéressant d’analyser les évolutions d’un roman au fur et à mesure de son écriture. Dans le style (ici, ça part dans tous les sens, trop d’idées condensées et pas d’effort particulier dans le style/orthographe) et dans la structure (ici, deux personnages principaux. L’histoire sera profondément remaniée avec l’introduction de Margaux (Mélody au début), à partir de la version 20).
En 2019, l’atelier d’écriture que nous organiserons avec bricabook sera probablement consacré à l’évolution d’un manuscrit. Comment ne pas se contenter du premier jet, comment et pourquoi le retravailler pour obtenir le meilleur.

C’est pendant cet été-là que je fis la connaissance de l’homme qui ramassait des cailloux.

La touffeur de la fin juin avait été difficilement supportable. Dans le salle des professeurs, la température atteignit les trente-trois degrés, ce qui alimenta jusqu’au dernier jour des conversations animées sur nos conditions de travail. Comme tous les ans, nous terminions le trimestre à genou, exténués par nos élèves surexcités par la chaleur et par l’approche des vacances. Le tourbillon frénétique de ces adolescents me paraissait de plus en plus incongru. J’oubliais peu à peu que j’avais été un des leurs et que leur ivresse printanière provenait de l’espérance excessive d’amours saisonniers.
À bientôt quarante-sept ans, j’enseignais la philosophie à des lycéens depuis près d’un quart de siècle : tâche aussi bien inutile que futile.
En début de carrière j’y croyais, comme tous les autres. Je pensais pouvoir planter des petites graines et leur faire comprendre deux ou trois choses : à défaut, tenter de les rendre plus heureux. Mais non. Rapidement, vient la routine, le cycle dévastateur des rentrées avec cette frustration de voir les quelques élèves brillants partir sans se retourner et voir débarquer des wagons d’analphabètes qui confondent Bertrand Russel et Russel Crowe. Pour se sortir de ce train-train aliénant, il faut se trouver un échappatoire, une nouvelle raison de vivre tangible, différente de nos idéaux de jeunes enseignants.

Certains élèvent des abeilles et font leur propre miel (qu’ils nous revendent fort cher en salle des professeurs), d’autres écrivent des romans qui ne seront jamais lus ou se lance dans le bénévolat pour satisfaire un besoin philanthropique.
La politique est un bon dérivatif : j’ai vu de nombreux conseillers municipaux emporter leurs copies à corriger à la mairie. Une collègue physicienne est quatrième dan d’aïkido et responsable régional de la fédération. Son mari, professeur de latin, joue tous les soirs dans un piano bar. Selon les rumeurs, il parait qu’un agrégé de biologie organisait des courses illicites de blattes et levait des paris dans le quartier nord de la ville. Du jour au lendemain, il disparut : certains pensent qu’il a fait fortune et coule des jours heureux en Thaïlande, d’autres prétendent qu’il fut la victime d’une sale affaire.
Chaque enseignant devrait avoir son violon d’Ingres.

Moi, Pascal Papadacci, normalien et agrégé de philosophie, j’ai aussi ma marotte.
Pendant mes deux mois d’été, je loue une maison à la campagne. Je cherche le plus petit village, le plus éloigné des axes touristiques. Je ne tolère que la compagnie des vaches, et des arbres la journée, et des grillons la nuit.
Je ne suis pourtant pas un sauvage. Je suis normalement introverti pour un normalien. C’est que ma passion exige une préparation mentale et physique incompatible avec la compagnie des hommes (ou des femmes) : mes journées débutent à six heures très exactemen. Je m’astreins à suivre un programme strict qui ne supporte aucune perturbation. C’est ce que mon ex-femme n’a jamais accepté, quoiqu’en dise son avocat.

Je joue à Pac-Man comme un professionnel.

– L’homme qui ramassait des cailloux, août 2013.

Concours : gagnez une baleine thébaïde dédicacée

Il y en a marre de ces concours trop faciles à base de retweet ou de tirage au sort : j’ai envie de vous faire travailler un peu 😀
Voici donc l’occasion de gagner une baleine thébaïde, format folio, richement dédicacée (avec dessin original et tout…).
Pour cela, il faudra répondre à ces 2 questions et m’envoyer la réponse par MP sur Twitter ou Facebook ou Instagram.

1) Dans quel(s) autre(s) de mes romans, le Dr Alvarez apparait-il ?
2) Il n’existe qu’une seule photo du Dr Alvarez sur Internet (prise à son insu en 1957). Trouvez l’URL.

Bonne chance ! Que la/le plus rapide/meilleur gagne !

Habemus Piratam – le service presse

Le Service Presse (SP) est un exercice excitant mais fastidieux.
Il s’agit de dédicacer et d’envoyer des exemplaires aux journalistes, libraires, bloggueurs avant la sortie du roman. L’idée est qu’ils le lisent afin d’être prêt à en parler (ou pas), le jour J (pour moi le 4 octobre 2018).

C’est aussi la première fois que l’on touche son livre. C’est un moment émouvant. On le parcourt, le tourne et retourne. Voici le dernier de la famille ! 🙂 On trinque alors au champagne avec Jean-Maurice et Catherine, mes 2 formidables éditeurs 🙂

Ensuite, commence un long marathon de dédicaces plus ou moins spirituelles en fonction de qui on destine le livre (je n’écris pas la même bafouille à un journaliste de France Culture que je ne connais pas, à un ami libraire avec qui j’ai pris une bière, ou à une bloggueuse que j’ai rencontré rapidement (ou pas) lors d’un salon).

Dans le cas de Habemus Piratam, j’ai signé environ 160 livres. La liste des destinataires et les enveloppes sont préparées par l’attachée de presse. C’est à la fois beaucoup … et pas assez. Car je sais que toutes les librairies ou les bloggueurs/bloggueuses que je connais ne recevront pas le roman. Je sais qu’il y aura de la frustration (« pourquoi pas moi ? »). Surtout quand on sait que 75% (90%?) des journalistes ne liront pas le livre… 😦

Ensuite, je reçois mes « exemplaires auteur », et là commence le dilemme du repêchage : après ma famille, mes amis proches, à qui envoyer les rares livres qu’il me reste ? … Heureusement, il sort le 4 octobre. Je pourrais alors en acheter pour l’offrir ! 🙂

PS : vous noterez le joli tampon fait sur mesure en bas à droite de la 1er image.

 

Atelier d’écriture dans le Perche

Le week-end dernier, j’ai co-animé un atelier d’écriture dans le Perche (Normandie) avec Leiloona de Bricabook

Le thème était « le réel et l’irréel » et le rôle des personnages dans une histoire. Laurent, un (formidable) mentaliste, était parmi nous. Un des premiers exercices d’application a été de lui « construire » un personnage pour son spectacle en inventant un univers, thème, personnalité, etc.
4 autres ateliers ont été proposés dont l’écriture entremêlée d’une histoire à 7 voix / 7 personnages dont le résultat à été vraiment très impressionnant !

Sans oublier les repas pris ensemble dans cette vieille maison normande, le rhum vénézuélien (pour les lecteurs de la variante chilienne), la ballade au clair de lune et les différents jeux…

Merci à tous les participants pour ce joli moment d’échanges et de passion.
Une super expérience que nous referons certainement en 2019 !

Voir l’article de Leiloona ici.