[Anecdote d’écriture] La première version de la variante chilienne

13 janvier 2019 § 2 Commentaires

Voici la première version du début de « La variante chilienne ». Vous constaterez qu’elle est bien différente de la version publiée (il y a eu une trentaine de versions intermédiaires). Dans ce premier jet, Margaux n’existait pas et c’était Pascal qui préparait les championnats du monde de pac-man.
Avec le recul, il est intéressant d’analyser les évolutions d’un roman au fur et à mesure de son écriture. Dans le style (ici, ça part dans tous les sens, trop d’idées condensées et pas d’effort particulier dans le style/orthographe) et dans la structure (ici, deux personnages principaux. L’histoire sera profondément remaniée avec l’introduction de Margaux (Mélody au début), à partir de la version 20).
En 2019, l’atelier d’écriture que nous organiserons avec bricabook sera probablement consacré à l’évolution d’un manuscrit. Comment ne pas se contenter du premier jet, comment et pourquoi le retravailler pour obtenir le meilleur.

C’est pendant cet été-là que je fis la connaissance de l’homme qui ramassait des cailloux.

La touffeur de la fin juin avait été difficilement supportable. Dans le salle des professeurs, la température atteignit les trente-trois degrés, ce qui alimenta jusqu’au dernier jour des conversations animées sur nos conditions de travail. Comme tous les ans, nous terminions le trimestre à genou, exténués par nos élèves surexcités par la chaleur et par l’approche des vacances. Le tourbillon frénétique de ces adolescents me paraissait de plus en plus incongru. J’oubliais peu à peu que j’avais été un des leurs et que leur ivresse printanière provenait de l’espérance excessive d’amours saisonniers.
À bientôt quarante-sept ans, j’enseignais la philosophie à des lycéens depuis près d’un quart de siècle : tâche aussi bien inutile que futile.
En début de carrière j’y croyais, comme tous les autres. Je pensais pouvoir planter des petites graines et leur faire comprendre deux ou trois choses : à défaut, tenter de les rendre plus heureux. Mais non. Rapidement, vient la routine, le cycle dévastateur des rentrées avec cette frustration de voir les quelques élèves brillants partir sans se retourner et voir débarquer des wagons d’analphabètes qui confondent Bertrand Russel et Russel Crowe. Pour se sortir de ce train-train aliénant, il faut se trouver un échappatoire, une nouvelle raison de vivre tangible, différente de nos idéaux de jeunes enseignants.

Certains élèvent des abeilles et font leur propre miel (qu’ils nous revendent fort cher en salle des professeurs), d’autres écrivent des romans qui ne seront jamais lus ou se lance dans le bénévolat pour satisfaire un besoin philanthropique.
La politique est un bon dérivatif : j’ai vu de nombreux conseillers municipaux emporter leurs copies à corriger à la mairie. Une collègue physicienne est quatrième dan d’aïkido et responsable régional de la fédération. Son mari, professeur de latin, joue tous les soirs dans un piano bar. Selon les rumeurs, il parait qu’un agrégé de biologie organisait des courses illicites de blattes et levait des paris dans le quartier nord de la ville. Du jour au lendemain, il disparut : certains pensent qu’il a fait fortune et coule des jours heureux en Thaïlande, d’autres prétendent qu’il fut la victime d’une sale affaire.
Chaque enseignant devrait avoir son violon d’Ingres.

Moi, Pascal Papadacci, normalien et agrégé de philosophie, j’ai aussi ma marotte.
Pendant mes deux mois d’été, je loue une maison à la campagne. Je cherche le plus petit village, le plus éloigné des axes touristiques. Je ne tolère que la compagnie des vaches, et des arbres la journée, et des grillons la nuit.
Je ne suis pourtant pas un sauvage. Je suis normalement introverti pour un normalien. C’est que ma passion exige une préparation mentale et physique incompatible avec la compagnie des hommes (ou des femmes) : mes journées débutent à six heures très exactemen. Je m’astreins à suivre un programme strict qui ne supporte aucune perturbation. C’est ce que mon ex-femme n’a jamais accepté, quoiqu’en dise son avocat.

Je joue à Pac-Man comme un professionnel.

– L’homme qui ramassait des cailloux, août 2013.

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2019!

5 janvier 2019 § Poster un commentaire

|2019> année quantique : joyeuse et compliquée, créative et routinière, littéraire et scientifique. Have Fun !

à bientôt pour de nouveaux projets … 🙂

Habemus Piratam, coup de coeur du CLUSIF

21 octobre 2018 § Poster un commentaire


Le CLUSIF est le Club de la Sécurité de l’Information Français

Habemus Piratam !

9 octobre 2018 § Poster un commentaire

Habemus Piratam vous attend dans votre librairie ! 😀
Côté pile, un roman qui plaira aux latinistes et aux littéraires…
Côté face, un livre qui plaira aux geeks et aux hackers …
Bonne lecture à tous !

Concours : gagnez une baleine thébaïde dédicacée

8 septembre 2018 § Poster un commentaire

Il y en a marre de ces concours trop faciles à base de retweet ou de tirage au sort : j’ai envie de vous faire travailler un peu 😀
Voici donc l’occasion de gagner une baleine thébaïde, format folio, richement dédicacée (avec dessin original et tout…).
Pour cela, il faudra répondre à ces 2 questions et m’envoyer la réponse par MP sur Twitter ou Facebook ou Instagram.

1) Dans quel(s) autre(s) de mes romans, le Dr Alvarez apparait-il ?
2) Il n’existe qu’une seule photo du Dr Alvarez sur Internet (prise à son insu en 1957). Trouvez l’URL.

Bonne chance ! Que la/le plus rapide/meilleur gagne !

Habemus Piratam – le service presse

26 août 2018 § 14 Commentaires

Le Service Presse (SP) est un exercice excitant mais fastidieux.
Il s’agit de dédicacer et d’envoyer des exemplaires aux journalistes, libraires, bloggueurs avant la sortie du roman. L’idée est qu’ils le lisent afin d’être prêt à en parler (ou pas), le jour J (pour moi le 4 octobre 2018).

C’est aussi la première fois que l’on touche son livre. C’est un moment émouvant. On le parcourt, le tourne et retourne. Voici le dernier de la famille ! 🙂 On trinque alors au champagne avec Jean-Maurice et Catherine, mes 2 formidables éditeurs 🙂

Ensuite, commence un long marathon de dédicaces plus ou moins spirituelles en fonction de qui on destine le livre (je n’écris pas la même bafouille à un journaliste de France Culture que je ne connais pas, à un ami libraire avec qui j’ai pris une bière, ou à une bloggueuse que j’ai rencontré rapidement (ou pas) lors d’un salon).

Dans le cas de Habemus Piratam, j’ai signé environ 160 livres. La liste des destinataires et les enveloppes sont préparées par l’attachée de presse. C’est à la fois beaucoup … et pas assez. Car je sais que toutes les librairies ou les bloggueurs/bloggueuses que je connais ne recevront pas le roman. Je sais qu’il y aura de la frustration (« pourquoi pas moi ? »). Surtout quand on sait que 75% (90%?) des journalistes ne liront pas le livre… 😦

Ensuite, je reçois mes « exemplaires auteur », et là commence le dilemme du repêchage : après ma famille, mes amis proches, à qui envoyer les rares livres qu’il me reste ? … Heureusement, il sort le 4 octobre. Je pourrais alors en acheter pour l’offrir ! 🙂

PS : vous noterez le joli tampon fait sur mesure en bas à droite de la 1er image.

 

Atelier d’écriture dans le Perche

12 juin 2018 § Poster un commentaire

Le week-end dernier, j’ai co-animé un atelier d’écriture dans le Perche (Normandie) avec Leiloona de Bricabook

Le thème était « le réel et l’irréel » et le rôle des personnages dans une histoire. Laurent, un (formidable) mentaliste, était parmi nous. Un des premiers exercices d’application a été de lui « construire » un personnage pour son spectacle en inventant un univers, thème, personnalité, etc.
4 autres ateliers ont été proposés dont l’écriture entremêlée d’une histoire à 7 voix / 7 personnages dont le résultat à été vraiment très impressionnant !

Sans oublier les repas pris ensemble dans cette vieille maison normande, le rhum vénézuélien (pour les lecteurs de la variante chilienne), la ballade au clair de lune et les différents jeux…

Merci à tous les participants pour ce joli moment d’échanges et de passion.
Une super expérience que nous referons certainement en 2019 !

Voir l’article de Leiloona ici.